Réachat e-commerce : 6 leviers post-achat pour fidéliser

Je vais vous dire ce qui me chagrine depuis des années dans le e-commerce français : on dépense des sommes folles pour faire venir un client, on lui offre des promotions sensationnelles pour déclencher l'acte d'achat... et on l'abandonne en rase campagne dès qu'il a passé sa première commande. Comme si la suite n'était plus qu'une formalité logistique.

Or, quand on regarde une boîte mail de client e-commerce après une commande, qu'y trouve-t-on le plus souvent ? Un email de confirmation, un email de suivi de livraison, et puis… plus rien. Trois semaines plus tard, peut-être une newsletter générique qui parle d'autre chose. Et pendant ce temps, votre client précieusement acquis se refroidit, vous oublie, et la prochaine fois qu'il aura besoin de votre catégorie de produits, il tapera peut-être le nom de votre concurrent dans Google.

Le réachat e-commerce, c'est ce mécanisme par lequel un client revient acheter une deuxième, troisième, dixième fois. Et la fenêtre post-achat, c'est cette période de 30 à 60 jours qui suit la première commande, où votre client est encore chaud, où votre marque est encore présente dans son esprit, et où chaque interaction pèse beaucoup plus lourd qu'un email envoyé six mois plus tard.

C'est dans cette fenêtre que tout se joue. Et bonne nouvelle : avec 6 actions bien orchestrées, du quick win à activer cette semaine au scénario plus avancé, vous pouvez transformer durablement votre courbe de réachat. C'est ce que je vous propose de dérouler dans cet article.

Pourquoi la fenêtre post-achat est votre meilleur ROI marketing

Avant de rentrer dans le vif du sujet, j'aimerais qu'on s'arrête un instant sur les chiffres. Parce que je trouve qu'on ne les regarde pas assez.

L'asymétrie acquisition / rétention que personne ne devrait ignorer

Vous connaissez sans doute déjà cette donnée, mais elle mérite qu'on la rappelle : acquérir un nouveau client coûte 5 à 7 fois plus cher que d'en fidéliser un existant. C'est un chiffre largement documenté, notamment par Frederick Reichheld de Bain & Company dans ses travaux historiques sur la fidélité client.

Et ce n'est pas tout. Toujours selon Reichheld, augmenter de 5 % son taux de rétention peut accroître les profits de 25 à 95 %. Vous lisez bien : jusqu'à doubler vos profits avec une amélioration de cinq points sur la rétention. Avouez que ça fait réfléchir...

💡 D'ailleurs, on en parle longuement dans notre article Acquisition vs rétention : pourquoi votre budget marketing e-commerce est (probablement) mal réparti

La fenêtre des 30 jours : pourquoi tout se joue maintenant

Maintenant, regardez votre propre comportement de consommateur. Quand vous venez d'acheter quelque chose en ligne, vous êtes dans une bulle d'attention favorable vis-à-vis de la marque. Vous attendez la livraison, vous ouvrez les emails, vous cherchez peut-être déjà sur les réseaux sociaux à voir comment d'autres utilisent le produit. Cette réceptivité, vous ne l'aurez plus jamais aussi forte.

Trois mois plus tard ? Vous serez passé à autre chose. La marque est devenue floue, le produit est rangé dans le placard, et la prochaine fois que vous aurez besoin de cette catégorie d'achat, le réflexe Google ou Amazon pourra venir jouer les trouble-fête de la fidélité.

C'est pour ça que la fenêtre post-achat est stratégique : c'est le moment où vous bénéficiez encore de l'élan émotionnel de la commande, où votre client est ouvert à recevoir des contenus de votre part, et où chaque interaction prépare (ou tue) le réachat.

Une définition simple pour s'y retrouver

Pour qu'on parle bien de la même chose : par réachat e-commerce, j'entends toute commande passée par un client qui a déjà acheté au moins une fois sur votre site. Et par scénario post-achat, j'entends une séquence d'emails (et/ou de SMS) déclenchée automatiquement après une commande, qui se déroule sur les jours et semaines suivantes sans que vous ayez à intervenir manuellement.

C'est cette mécanique qui va orchestrer les 6 leviers que je vous propose maintenant.

💡 À retenir

La fenêtre post-achat des 30 à 60 jours qui suivent la première commande est le moment où la réceptivité du client est la plus forte. C'est dans cet intervalle que se construit (ou se perd) le réachat e-commerce, bien plus que dans les campagnes de relance lancées plusieurs mois après.

Action 1 : l'email post-achat qui dépasse le simple « merci »

Si je devais ne garder qu'une seule action de cet article, ce serait celle-là. L'email post-achat est le scénario le plus rentable du e-commerce, et c'est aussi celui que la majorité des marques bâclent.

La différence entre l'email transactionnel et l'email post-achat

D'abord, clarifions un point qui prête souvent à confusion. L'email transactionnel (« votre commande a bien été reçue », « votre colis est parti »), c'est de l'opérationnel. Indispensable, mais ça ne crée pas de lien.

L'email post-achat dont je vous parle, c'est autre chose : c'est une séquence relationnelle, déclenchée après la commande, qui va apporter de la valeur à votre client au-delà de la simple confirmation logistique. C'est là que vous tissez du lien, que vous éduquez à l'usage, que vous préparez le réachat.

Les 4 ingrédients d'un email post-achat qui engage

Un bon email post-achat repose sur quatre ingrédients qui peuvent se combiner :

  • Un remerciement sincère et incarné, pas une formule administrative. Une voix, un ton, idéalement une signature humaine.
  • Du contenu utile : conseils d'usage, mode d'emploi, astuces pour tirer le meilleur du produit. C'est la dimension service que je développe en action 1 bis ci-dessous.
  • Du contenu de marque : valeurs, engagements, coulisses, fabrication. Tout ce qui permet à votre client de mieux vous connaître et de s'attacher.
  • Un appel à l'action progressif : selon le moment de la séquence, on peut inviter à laisser un avis, à découvrir un produit complémentaire, à rejoindre le programme de fidélité. Mais jamais en mode brutal dès l'email J+1.

Cas client : Natura Brasil et le post-achat engagé

Natura Brasil, marque de cosmétiques brésilienne, a mis en place un scénario post-achat qui ne se contente pas d'un simple « merci pour votre commande ». La marque profite de ce point de contact pour partager ses engagements environnementaux et renforcer le lien émotionnel avec ses clients.

Concrètement, dans son scénario, Natura Brasil remercie ses acheteurs de contribuer à soutenir ses différents projets de commerce équitable et de préservation de l'environnement. Loin de s'arrêter là, la marque communique chaque année avec une totale transparence sur les actions réalisées grâce à la contribution de ses clients : nombre de familles aidées, hectares préservés, chiffre d'affaires reversé. Le client n'est plus un acheteur passif, il devient acteur d'une démarche qui le dépasse.

scénation post-achat Natura Brasil
Le scénario post-achat imaginé par Natura Brasil

C'est un parti pris fort, qui ne convient pas à toutes les marques, mais qui illustre parfaitement comment un email post-achat peut transformer une transaction en adhésion à une cause.

Cas client : MÊME Cosmetics et la pédagogie d'usage post-achat

À l'autre bout du spectre, voici un usage très différent et tout aussi puissant du post-achat : la pédagogie produit.

MÊME Cosmetics, qui s'adresse à des personnes touchées par le cancer et les effets secondaires des traitements, accompagne systématiquement l'achat de ses produits d'un email de conseils ou d'idées d'utilisation. Sur des produits cosmétiques destinés à des peaux et cheveux fragilisés, les conseils d'application ne sont pas un « plus » éditorial, ils font partie intégrante du soin.

Un exemple concret : pour les clientes ayant acheté le masque-soin pour les cheveux, MÊME envoie un email dédié intitulé « À propos du masque-soin pour les cheveux ». Cet email donne le bon mode d'application (« appliquez-le sur les longueurs, après avoir lavé, rincé et essoré vos cheveux »), explique pourquoi ce protocole est adapté aux cheveux particulièrement fragilisés, et invite à découvrir le shampooing-soin comme routine complémentaire.

Scénario de conseils post-achat envoyé par MÊME
Scénario conseil post-achat envoyé par MÊME

Vous voyez la mécanique ? On rend service au client (il maximise les chances de bien utiliser le produit), on prouve l'expertise de la marque, et on sème en même temps la graine du prochain achat via la suggestion d'un produit complémentaire de la routine.

Une séquence type à mettre en place

Pour vous donner une trame concrète, voici la séquence post-achat que je recommande de mettre en place. À adapter selon votre univers produit et votre cycle d'achat :

  • J+1 : email de remerciement personnalisé, signature humaine, premier rappel des engagements ou de l'histoire de la marque.
  • J+3 : email de conseils d'usage / tutoriel produit sur ce qui a été acheté (le pattern MÊME Cosmetics). C'est votre meilleure pièce maîtresse.
  • J+7 : recommandation produit complémentaire, idéalement liée à l'usage du produit principal.
  • J+14 : invitation au programme de fidélité ou au parrainage.

Cette séquence de marketing automation, une fois paramétrée, tourne toute seule. Vous l'activez une fois, et elle travaille pour vous pendant des mois.

💡 À retenir

Un email post-achat efficace combine quatre ingrédients : un remerciement incarné, des conseils d'usage produit, du contenu de marque et un appel à l'action progressif. Les marques comme MÊME Cosmetics ou Natura Brasil utilisent ce point de contact pour partager leur expertise et leurs engagements, transformant la transaction en relation durable.

Action 2 : collecter un avis client au bon moment (et le réutiliser)

L'avis client, c'est un double levier que beaucoup de marques sous-exploitent. D'un côté, c'est de la preuve sociale qui aidera vos prochains visiteurs à se décider. De l'autre, c'est un signal fort de réachat : un client qui prend le temps de vous laisser un avis positif est statistiquement plus enclin à recommander chez vous.

Encore faut-il le demander correctement.

Le bon timing : ni trop tôt, ni trop tard

C'est l'erreur que je vois le plus souvent. Soit on demande l'avis trop vite (le client n'a même pas reçu le produit), soit on le demande trois mois après (le client ne se souvient plus de rien et l'envie est passée).

La règle que j'applique est simple :

  • En retail (commerce physique) : demande à J+2 après l'achat. L'expérience est encore très fraîche.
  • En e-commerce pur : demande à J+5 après réception estimée du colis. Le client a eu le temps de déballer, d'utiliser, de se faire un avis.

Cas client : Indies et la masterclass de la collecte automatisée

Notre client Indies a mis en place un véritable cas d'école sur ce sujet. Un scénario de marketing automation déclenché 2 jours après un achat en boutique, avec un email personnalisé qui renvoie vers la page d'avis Google du magasin concerné. Le tout avec segmentation et contextualisation par point de vente.

Le résultat parle de lui-même : 67 % de taux d'ouverture et 24 % de taux de clic. Sur des emails post-achat. Soit des performances qu'aucune campagne newsletter classique n'atteint jamais.

L'avis post-achat personnalisé d'Indies
L'avis post-achat personnalisé d'Indies

Les 3 règles d'or pour collecter des avis efficacement

  1. Demander quand l'expérience est fraîche, pas trois mois après.
  2. Faciliter l'action : un lien direct vers la bonne page d'avis, pas un parcours du combattant à travers cinq écrans.
  3. Rester sobre : un avis n'est pas un acte de foi, c'est un service que vous demandez poliment.

Template d'email « demande d'avis » prêt à copier

Objet : « Votre avis aide notre équipe (1 min) »

Bonjour [prénom],

Merci pour votre commande.

Votre retour nous aide à maintenir une qualité de service irréprochable, et il aide aussi nos prochains clients à se décider en toute confiance.

[CTA : Laisser mon avis]

[Signature humaine]

Et après ? Réutiliser ces avis comme déclencheurs de réachat

C'est là que beaucoup de marques s'arrêtent. Erreur. Les avis collectés ne servent à rien s'ils dorment dans votre back-office. Pensez à les réutiliser systématiquement comme éléments de réassurance aux endroits stratégiques :

  • Sur les fiches produits, surtout pour les produits à fort taux d'abandon.
  • Dans vos emails de relance (panier abandonné, relance d'inactifs).
  • Sur vos pages d'inscription newsletter ou programme de fidélité.
  • Dans votre séquence de welcome pack ou email de bienvenue, pour rassurer les nouveaux inscrits qui pourraient hésiter à acheter.

La preuve sociale ne sert que si elle est visible là où le doute surgit.

💡 À retenir

Le timing optimal pour collecter un avis client est de J+2 après l'achat en retail et J+5 après réception du colis en e-commerce pur. Le client SPREAD Indies obtient avec ce timing 67 % de taux d'ouverture et 24 % de taux de clic sur ses emails de demande d'avis automatisés.

💡 Si le sujet vous intéresse, découvrez notre article Confiance e-commerce : 7 leviers de réassurance pour améliorer votre taux de conversion

Action 3 : activer le programme de fidélité dès le premier achat

Voici une erreur que l'on constate régulièrement, même chez des marques très matures : attendre le deuxième ou troisième achat pour proposer le programme de fidélité. Comme si l'inscription au programme devait être une récompense pour les clients « confirmés ».

C'est exactement l'inverse qu'il faut faire.

Pourquoi attendre est une erreur

Si vous attendez le troisième achat pour proposer votre programme, vous perdez l'effet d'engagement. Le client a déjà passé trois commandes sans bénéficier d'avantages, il a peut-être déjà comparé avec vos concurrents, et le programme arrive comme un bonus tardif plutôt que comme un cadre relationnel.

À l'inverse, si vous intégrez l'inscription au programme dès la séquence post-achat du premier achat, plusieurs choses se mettent en place :

  • Le client comprend immédiatement qu'il y a un intérêt à revenir chez vous (points cumulés, statuts à atteindre, récompenses).
  • Vous lui donnez un objectif dès le départ, ce qui est beaucoup plus puissant qu'une simple promesse vague de « revenir vous voir ».
  • Vous augmentez la valeur perçue de chaque interaction qu'il aura avec votre marque.

Ce programme de fidélité, je vous dirais même de le rendre disponible avant même le premier acte d'achat. Parce qu'au fond, la fidélité à une marque ne démarre pas forcément à la première transaction, elle peut se manisfester avant.

Les missions de fidélisation : donner un objectif au-delà de l'achat

C'est là que les missions de fidélisation que nous avons développées chez SPREAD prennent tout leur sens dans une logique post-achat. L'idée est simple : au lieu de gagner des points uniquement en achetant, le client peut en gagner en réalisant des actions hors achat qui servent vos intérêts marketing.

Quelques exemples de missions à activer en post-achat :

  • Laisser un avis sur un produit acheté : 50 points (ça vous fait gagner sur les deux tableaux : preuve sociale + engagement client).
  • Compléter son profil (préférences produit, centres d'intérêt, date d'anniversaire) : 30 points. Vous récoltez de la donnée précieuse pour personnaliser la suite.
  • Suivre la marque sur les réseaux sociaux : 20 points. Vous augmentez votre audience organique.
  • Parrainer un ami : récompense substantielle. Vous transformez un client en canal d'acquisition.
  • Et de nombreuses autres...

Ce qui est puissant ici, c'est que chaque mission accomplie rapproche le client du réachat tout en l'engageant émotionnellement avec la marque. Il ne « consomme » pas votre programme, il y participe activement.

💡 Vous n'avez pas encore de programme de fidélité ? Plongez dans notre article Créer un programme de fidélité étape par étape : la méthode complète pour ne pas rater son lancement

💡 Pour faire le plein d'idées de missions et de récompenses, découvrer l'article Programme de fidélité VIP : comment engager vos meilleurs clients sur le long terme ?

Comment l'intégrer dans la séquence post-achat

Concrètement, je recommande de positionner l'invitation au programme de fidélité autour de J+10 à J+14 dans votre séquence post-achat. Pas avant : on laisse au client le temps de recevoir et apprécier son produit. Pas trop après : on capitalise sur l'élan émotionnel encore présent.

Le message doit être centré sur les bénéfices client (gagner des avantages, accéder à du contenu exclusif, atteindre des statuts VIP), pas sur les bénéfices marque (« inscrivez-vous à notre programme »).

💡 À retenir

Proposer le programme de fidélité dès la séquence post-achat du premier achat (idéalement entre J+10 et J+14) est plus efficace qu'attendre le deuxième ou troisième achat. Les missions de fidélisation hors achat (laisser un avis, compléter son profil, parrainer) accélèrent l'engagement et préparent le réachat.

Action 4 : segmenter pour personnaliser la relance (et arrêter d'envoyer la même chose à tout le monde)

Une cliente qui vient d'acheter une crème solaire et un client qui vient d'acheter un masque-soin pour cheveux n'ont pas les mêmes besoins, pas les mêmes routines, pas les mêmes produits complémentaires à découvrir. Leur envoyer le même email générique de « merci pour votre commande » sans tenir compte de ces différences, c'est rater toute la finesse possible.

Trois axes de segmentation simples à activer post-achat

Pas besoin de réinventer la roue. Trois critères suffisent pour démarrer une vraie segmentation post-achat efficace :

  1. Le produit ou la catégorie achetée : recommander des produits complémentaires, des conseils d'usage spécifiques, du contenu adapté.
  2. Le montant de la commande : une commande à 30 € et une commande à 250 € n'appellent pas le même traitement (intensité du suivi, type d'offre, statut VIP).
  3. La fréquence d'achat : premier achat, deuxième achat, client habitué. Le ton, le contenu et le degré d'intimité de la relation évoluent.

Et pour vous donner une idée concrète de ce que ça donne en pratique :

Segment Message clé Timing optimal
1er achat, panier moyen Conseils d'usage + invitation programme fidélité J+3 / J+14
1er achat, gros panier Conseils d'usage personnalisés + traitement VIP J+3 / J+10
2e achat Reconnaissance fidélité + recommandation produit avancé J+5 / J+15
Client régulier Avant-première / contenu exclusif / parrainage Selon cycles

Qu'est-ce qu'une segmentation comportementale ?

Pour celles et ceux qui découvrent le concept : la segmentation comportementale, c'est le fait de regrouper vos clients selon ce qu'ils font (achats, ouvertures d'emails, etc), et non selon ce qu'ils sont (âge, sexe, géographie). C'est de loin la segmentation la plus puissante en e-commerce, parce que le comportement passé est la meilleure boule de cristal pour estimer un comportement futur. Et bonne nouvelle : avec un CRM marketing bien configuré, ces segments se mettent à jour automatiquement, sans intervention manuelle.

💡 À retenir

Trois axes de segmentation post-achat suffisent pour démarrer une vraie personnalisation des relances : le produit ou la catégorie achetée, le montant de la commande et la fréquence d'achat. La segmentation comportementale (basée sur les actions du client) est plus puissante que la segmentation sociodémographique en e-commerce.

Action 5 : transformer un client satisfait en parrain

Voici un levier dont le ROI est sans doute le meilleur de toute la palette marketing : le parrainage. Et la fenêtre post-achat est précisément le moment idéal pour l'activer.

Pourquoi le parrainage est un levier double

Le parrainage, c'est un peu le couteau suisse marketing. Il agit en même temps :

  • Sur le réachat du parrain (qui revient chez vous pour utiliser sa récompense).
  • Sur l'acquisition d'un nouveau client (le filleul) à un coût défiant toute concurrence.
  • Sur la confiance générée (un client recommandé par un ami a un taux de conversion bien supérieur à un client acquis via publicité froide).

Et tout ça en passant par un canal qui vous coûte uniquement le montant des récompenses offertes. Difficile de faire mieux, n'est-ce pas ?

Le moment optimal : après confirmation de satisfaction

L'erreur classique consiste à proposer le parrainage trop tôt, à des clients qui n'ont pas encore eu le temps d'évaluer leur achat. Résultat : taux d'engagement médiocre, parfois même perception négative (« on me demande déjà de recommander à des amis alors que je n'ai même pas testé ? »).

La règle que je recommande : proposer le parrainage entre J+14 et J+30 après le premier achat, idéalement après que le client ait laissé un avis positif (cf. action 2). À ce moment-là, vous avez une preuve tangible de satisfaction, et la sollicitation prend tout son sens.

L'offre double-face : récompense parrain + récompense filleul

Une mécanique de parrainage qui fonctionne est presque toujours double-face :

  • Une récompense pour le parrain (réduction sur sa prochaine commande, points de fidélité bonus, cadeau exclusif).
  • Une récompense pour le filleul (offre de bienvenue, code promo, cadeau d'inscription).

Pourquoi double ? Parce que ça transforme la recommandation en cadeau plutôt qu'en imposition. Le parrain ne « vous fait pas la pub », il offre quelque chose à un ami. Nuance fondamentale.

💡 J'ai compilé toutes mes astuces pour rendre votre programme de parrainage irrésistible dans l'ebook : Le guide ultime du parrainage client

💡 À retenir

Le parrainage est un levier double qui agit simultanément sur le réachat du parrain, l'acquisition d'un nouveau client et la confiance générée. La fenêtre optimale pour le proposer en post-achat se situe entre J+14 et J+30, idéalement après qu'un avis positif ait été collecté.

Action 6 : créer un rendez-vous communautaire qui donne envie de revenir

On arrive à la dernière action, et c'est sans doute la plus subtile, mais pas la moins puissante. Au-delà des emails transactionnels et des scénarios automatisés, il y a une dimension qui fait toute la différence : la dimension communautaire.

La marque qui se vit, pas seulement qui se vend

Vous savez ce qui distingue les marques où les clients reviennent naturellement, sans qu'on ait à les pousser ? Ce sont les marques où il se passe quelque chose. Des moments. Des rendez-vous. Une vie qui dépasse le simple cycle commande / livraison.

Et ça, ça ne se construit pas en sollicitant le client uniquement pour acheter. Ça se construit en lui donnant des raisons non commerciales d'ouvrir vos emails, de visiter votre site, de suivre vos réseaux sociaux.

Quelques exemples concrets de rendez-vous communautaires

  • Des avant-premières clients : nouveaux produits accessibles 48 h avant le grand public, en réservation prioritaire.
  • Du contenu exclusif : tutoriels avancés, conseils d'experts, interviews de fondateurs ou d'artisans.
  • Des jeux concours réservés aux clients : on récompense la fidélité par des animations dont le grand public ne profite pas.
  • Des rendez-vous récurrents (une fois par mois, une fois par saison) qui créent une attente et un rythme dans la relation.

L'idée n'est pas de tout faire d'un coup, mais d'identifier une mécanique communautaire qui colle à votre univers de marque et de la cultiver dans la durée.

💡 N'hésitez pas à piocher quelques idées dans mon article : 14 idées de contenus originaux pour votre e-commerce

L'effet « appartenance » qui transforme le réachat en réflexe

Quand un client se sent membre d'une communauté plutôt que simple acheteur, le réachat n'est plus une décision rationnelle (« est-ce que je vais racheter ? »), il devient un réflexe identitaire (« c'est ma marque »). C'est exactement ce que résume Nicolas Courrège, co-fondateur de Nin-Nin, quand il dit :

« Avec SPREAD, on arrive à créer une énergie, ce qui nous permet d'exister aux yeux de notre communauté, de rester dans l'esprit de nos clients. Avec SPREAD, on n'est jamais mort ! »

Cette « énergie », c'est exactement ce qui distingue une marque qui s'achète d'une marque qui se vit. Et c'est elle qui rend le réachat presque inévitable.

💡 À retenir

Au-delà des scénarios automatisés, créer des rendez-vous communautaires non commerciaux (avant-premières clients, contenus exclusifs, jeux concours réservés) transforme le réachat en réflexe identitaire. Le client ne décide plus de revenir, il revient parce qu'il appartient à la communauté de la marque.

Récapitulatif : votre plan d'action post-achat en un coup d'œil

Pour ne pas vous laisser repartir avec uniquement de la théorie, voici un tableau de synthèse des 6 actions, avec leur timing optimal et leur bénéfice principal :

Action Timing optimal Bénéfice principal
1. Email post-achat (conseils + valeurs) J+1 / J+3 / J+7 Engagement émotionnel, préparation du réachat
2. Collecte d'avis client J+5 (e-commerce) / J+2 (retail) Preuve sociale + signal de satisfaction
3. Activation programme de fidélité J+10 à J+14 Cadre relationnel durable, missions = engagement
4. Segmentation post-achat Dès J+1, en continu Personnalisation = pertinence = conversion
5. Activation du parrainage J+14 à J+30 Réachat + acquisition + confiance
6. Rendez-vous communautaire En continu Appartenance, réachat en réflexe

Conclusion : par quoi commencer ?

Si vous avez lu jusqu'ici, vous avez maintenant une vision complète de ce qu'on peut activer dans la fenêtre post-achat pour faire décoller votre taux de réachat. Mais je sais aussi que tout déployer en même temps, c'est irréaliste.

Mon conseil : choisissez deux actions parmi les six, celles qui correspondent le mieux à votre maturité actuelle et à votre univers produit. Pour la plupart des marques, le combo gagnant pour démarrer, c'est action 1 (email post-achat enrichi) + action 2 (collecte d'avis). Ces deux mécaniques posent les fondations de tout le reste, et leur ROI est mesurable dès les premières semaines.

Une fois ces deux briques en place et qui tournent, vous pourrez progressivement enrichir avec le programme de fidélité, la segmentation, le parrainage et la dimension communautaire. Le réachat e-commerce, c'est une mécanique qu'on construit dans le temps, brique par brique.

Et si vous voulez voir concrètement comment orchestrer tout ça depuis une seule plateforme (emails, scénarios, programme de fidélité, parrainage, segmentation, animations communautaires) je ne saurai que trop vous conseiller de réserver une démo SPREAD. On vous montre comment nos clients e-commerce déploient ces mécaniques au quotidien.

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🎰 Des mécaniques d'acquisition (jeux marketing, inscription newsletter...)
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auteur de l'article
Adeline Delaforge

Adeline Delaforge est Responsable marketing et communication chez SPREAD depuis 2015. Forte de plus de 25 ans d'expérience en marketing digital, branding et stratégie CRM dans le B2C et le B2B, elle est la plume principale du blog SPREAD, où elle a signé plus de 150 articles sur le marketing e-commerce, l'animation marketing, la fidélisation client et le marketing automation. Autrice de l'ensemble des livres blancs SPREAD et du Grand Livre de Bord, elle est également formée au growth marketing (HyperCroissance) et ancienne journaliste (CFJ). Son obsession au quotidien : accompagner les directeurs marketing et e-commerce dans leurs stratégies d'acquisition, de conversion et de fidélisation.

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